dimanche 10 décembre 2017

MISSONHA



Quels destins relient un réfugié syrien et un grimpeur des Calanques de Marseille ? Quel homme accepte la tyrannie ? Quel amour mérite qu’on l’oublie ?
Deux vies, deux parcours. Un seul but : vivre.
Après Mistourade et Amasonha, retrouvez Antoine dans ses aventures, de Marseille à la Grèce. De l’escalade sur fond de Méditerranée, un job impossible, et l’amour. Ah l’amour toujours !

Vincent CHARPENTIE ? Alias ESCALIBRE, récidive dans son troisième roman.
De formation supérieure en informatique industrielle, rien ne présageait que cet ingénieur aéronautique deviendrait un passionné d’écriture.
Son style est direct : le narrateur, personnage principal, s’exprime au présent. Il vit l’aventure avec son cœur et ses tripes. Le lecteur est plongé dans l’univers de Marseille et de l’escalade. La rencontre des personnages est toujours surprenante, à la mesure des évènements.
Selon l’auteur, « J’écris pour mes proches. Je désire que mes personnages revivent à chaque lecture. Le retour de mes lecteurs est l’essence de mon moteur. »

lundi 18 mai 2015

AMASONHA


C'est le titre de la suite de Mistourade.
Un roman de 250 pages au Brésil avec Antoine toujours policier malgré lui.
Les mots coulent comme une fontaine. Rien ne sert de pourrir, il faut mûrir à point.
Sortie mai 2016. 
Le roman est prêt en ebook.
Je peux le fournir gratuitement pour le cinq lecteurs qui se manifesteront les premiers sur mon adresse email : vincent.bamb@club-internet.fr.
A  bientôt. 

dimanche 15 mars 2015

Mistourade : Le roman policier des calanques de Marseille


  ebook 6 € sur Amazon.

Livre à commander à escalibre@outlook.com

laisser : nom ; adresse, je vous contacterai pour le règlement de 13 €. Expédition contre règlement CB sous paypal.

Cordialement.

 

 

Mistourade : Le roman policier des calanques de Marseille

La première cigale chante dans un creux à l’abri du mistral. Le soleil grille ses premières ramilles de pin, l’été est à la porte au milieu du jour.   
 
Le soleil commence à mordre la peau, le printemps est bien là. Je suis au meilleur de ce que la nature nous a donné.
Du ciel bleu comme s’il en pleuvait, du soleil comme au premier jour. 
La roche blanche au milieu des pins arc-boutés par les vents. 
La mer Méditerranée.
Les calanques entre Marseille et Cassis.
L’eau, la terre et le feu sont réunis pour donner à l’homme un bout d’éternité de tous les instants. 

J’ai rejoint Marc pour une journée d’escalade sur les parois du Devenson. Le Devenson n’est pas une calanque formée d’un vallon, mais une vaste falaise tombant à pic sur la mer. C’est l’endroit que nous avons choisi pour oublier la semaine sur le chantier de l’Europole où les engins de terrassement raclent la terre et la roche autour des premiers bâtiments. Marc travaille avec moi, il dirige les travaux de voirie. Nous nous sommes rencontrés lors d’une pause de midi. J’ai vu tout de suite que derrière sa forte voix, se cachait un homme subtil et sensible. Comme à notre habitude, l’escalade au Devenson débute par des rappels. Je préfère les rappels à une descente sur l’étroit chemin du petit couloir. La brusque transition entre le plateau et la falaise imprime un peu plus la sensation d’éloignement, l’impression de tout quitter de faire le vide de tourner le dos au quotidien oppressant. Pourtant à deux pas, derrière le mont Puget, Marseille grouille et des piétons tentent sûrement de traverser la Canebière sans risquer de mourir sur le capot d’un chauffard trop pressé. Je cherche le premier point d’ancrage qui nous permettra de descendre la paroi. J’ai beau consulter le topo-guide et revenir plusieurs fois sur mes pas, je n’arrive pas à trouver le départ de la série de rappels qui doivent nous conduire quelques mètres au-dessus de l’eau. Marc effectue la même recherche à ma gauche et nous nous retrouvons pour la deuxième fois bredouilles. Pourtant le départ des rappels est bien là, la photo et la description, tout concorde avec les observations et nos souvenirs. Je me souviens de deux rings reliés par une chaîne située sur une dalle au-dessus du vide. Une vire juste en dessous permettait de gagner le point d’attache.  Mon regard est attiré par une écaille de rocher plaquée sur la paroi. Ce bout de roche me paraît bien en équilibre. C’est une véritable épée de Damoclès pour les grimpeurs. Je m’approche et repère un éclat brillant sous la roche. Notre ancrage est là, caché par une plaque de roche d’au moins un mètre de haut. Marc me rejoint et m’aide à dégager ce bloc. Il est lourd, mais il bascule. Marc m’interroge : 
     — Mais qui a caché ce rappel ?
 Je ne comprends pas, le secteur est peu parcouru par les grimpeurs, plus attirés par les falaises des Goudes ou de Sormiou.
 — Je ne sais pas ! 
Nous connaissons les rivalités des grimpeurs qui cachent les voies pour en donner la primeur aux copains, mais la falaise du Devenson est équipée et décrite dans le nouveau topo guide depuis plus d’un an. Marc pose le rappel et commence la descente sur le calcaire blanc. L’air marin fait remonter des senteurs iodées et humides. La journée est idéale. Du soleil, un peu de fraîcheur. Nous pourrons parcourir deux voies dans la journée si la forme est au rendez-vous. Mais l’heure n’est pas à la rêverie. Je vérifie l’amarrage de la corde et la position du descendeur. Je bascule dans le vide retenu par mon baudrier, je prends appui sur le rocher et amorce la descente. Le monde de la verticale blanche du rocher, de l’horizontale bleue de la mer, est là sous mes pieds. La paroi déroule lentement. Je rejoins Marc au relais. Nos regards sont tournés vers les rappels suivants qui nous déposent dans l’anse du Diable, un nom bien sinistre au regard de ce théâtre de roches échelonnées en gradins avec pour scène la mer. La mer toujours présente dans les calanques. La mer est tour à tour ronflement, caresse ou claque sur le ressac.  Ronflement quand une puissante vague s’enfourne dans une cavité de la roche, caresse au matin calme d’une journée d’été, claque à la frappe de la houle puissante poussée par le vent d’est. 
Au-dessus de nos têtes, deux cents mètres de falaise attendent notre ascension. Pauvre homme venu chercher l’inutile et qui réalise que l’issue nécessite l’escalade d’une paroi, avec force douleurs et coupures aux mains. Ainsi va le grimpeur de peu de peur et de cœur. 


 
La corde est tout juste rappelée que deux plongeurs équipés de bouteilles prennent pied sur la berge et brandissent une arme qui me rappelle le pistolet-mitrailleur du dernier reportage sur la bande de Gaza. Marc et moi restons hébétés par la situation incongrue. Le harnachement ressemble à un mauvais film du dimanche soir. Les plongeurs pointent leurs armes sur nous et se présentent, carte officielle en main.


       --- Nous sommes de la Douane française et vous êtes en état d’arrestation. 
Sur ordre, nous montons sur un énorme Zodiac gris qui ne ressemble pas à une embarcation de plaisance. Un des hommes reste à terre et semble surveiller notre corde étalée comme des spaghettis sur le rocher. Le zodiac nous conduit sur une vedette de la marine nationale, le bateau est aussi austère que l’accueil. Mais que fait-on ici ? Nous étions partis pour une journée d’escalade. Même si j’aime l’aventure, la réalité est bien amère et j’aimerais que le grand costaud qui me pousse sur le bateau m’explique cette mise en scène. Nous entrons dans le carré sombre et un projecteur nous accueille. Un type invisible nous questionne.
     ----  D’où viens-tu ? Qui attends-tu ?
Je m’aperçois que Marc n’est plus avec moi. Je réponds comme un automate à une foule de questions, rapidement une avalanche de nouvelles questions aussi incompréhensibles me tombe dessus ; mon esprit s’encombre vite et je finis par répondre sans réfléchir, animé d’une seule idée : comment sortir de cet interrogatoire infernal ? Je bredouille, je bafouille, je ne sais plus ce que je dis, je ne sais plus où je suis. La journée avait pourtant bien commencé et me voilà sur ce bateau interrogé sauvagement alors que nous avions prévu une journée de plein air les mains et les pieds sur la roche. J’ai cherché l’odeur des pins exsudée par le soleil, mais je sens le gazole qui remonte des cales, j’ai désiré du soleil et voilà un mauvais projecteur et des questions.
L’interrogatoire est musclé. Pour sortir de cette terrifiante situation, je cherche une ouverture, mais les questions sont dirigées et mêmes manipulatrices. Je sens les soupçons grandir au fur et à mesure de mes réponses maladroites. Je deviens vite mon propre bourreau en cherchant les réponses qui me permettraient de sortir d’ici. De question en question, je finis par dire que je ne suis pas venu sur ce bout de côte par hasard, que j’ai donné rendez-vous à Marc pour descendre la paroi. De simples promeneurs, Marc et moi devenons de parfaits suspects sans même connaître les intentions des douaniers. Je pense à la présomption d’innocence, aux droits de l’homme et à toutes les belles paroles de morale que j’ai ingurgitées enfant. Que reste-t-il des hommes, des paroles et de la vie, lorsque la peur est là et que la liberté échappe ? J’ai donné mon identité alors que je ne sais même plus qui m’entoure et où je suis. Me voilà menotté à un énorme pilier du carré. Un homme me surveille avec une insistance désinvolte. J’entends une discussion, les douaniers parlent sur le pont. Ils ne sont pas d’accord entre eux, ils parlent fort, mais je ne comprends pas les mots. Soudain, un ordre fuse, bref et précis. La discussion est finie, un homme vient me libérer les mains et me demande de remonter sur le pont et de reprendre la mer sur le zodiac.



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c
Escalibre.